POLITIQUE

Côte d'Ivoire : « Un an après sa prétendue dissolution, GPS de Soro toujours debout »

26 Juin 2022 - lecourrierquotidien.com
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Le 23 juin 2021, lorsque le tribunal criminel d’Abidjan condamnait Guillaume Soro, déjà contraint à l’exil à la perpétuité

Le 23 juin 2021, lorsque le tribunal criminel d’Abidjan condamnait Guillaume Soro, déjà contraint à l’exil à la perpétuité et prononçait la dissolution de son mouvement, Générations et peuples solidaires (GPS), le dessein était clair : voir l’ancien président de l’Assemblée nationale et son mouvement mettre la clé sous le paillasson. Un an après cette décision injuste d’un tribunal guidé par des injonctions, GPS reste encore débout très dynamique.

Débuté le 29 mai 2021 devant le tribunal criminel d’Abidjan pour des faits d’attentats à la sûreté de l’Etat, appel au soulèvement contre des institutions légalement établies, diffusion d’informations fausses tendant à discréditer les institutions républicaines, le procès contre Guillaume Soro et 19 de ses collaborateurs a connu son épilogue le 23 juin 2021, soit pratiquement un mois après son ouverture. Durant tout le temps qu’a duré ce « simulacre de procès », comme l’a qualifié Affoussiata Bamba-Lamine, l’accusation et le procureur de la République, Richard Adou ont eu toutes les difficultés du monde pour établir la véracité des faits reprochés au président de Générations et peuples solidaires (GPS) et ses compagnons, devant la cour présidée par Charles Bini Kouakou.

Pour un procès qui devait reposer sur faits graves comme l’attentat à la sûreté de l’Etat, l’une des curiosités était le fait que l’accusation n’ait en tout et pour tout qu’un seul témoin. La curiosité deviendra encore plus grave lorsque ce seul témoin, choisi pour appuyer l’accusation, se révèlera avoir des connexions avec le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp).

En effet, pour étayer la thèse de l’accusation qui soutenait que c’est Guillaume Soro qui aurait choisi de faire dérouter l’avion le transportant le 23 décembre 2019 vers une autre destination pour ensuite accuser le pouvoir et provoquer ainsi un soulèvement populaire, les avocats de l’accusation ont appelé à la barre Sinaly Silué, directeur général de l’Autorité nationale de l’aviation civile (Anac), lequel est un cadre du parti au pouvoir dont le militantisme ne souffre d’aucun doute. Comment son témoignage pouvait-il être digne de foi d’autant plus que le président de la République, président du Rhdp avait lui-même, en personne annoncé quelques mois plus tôt que le président de GPS sera jugé et condamné à la perpétuité ?


En vérité, devant le tribunal criminel, Sinaly Silué n’était pas qu’un simple témoin mais un militant du parti au pouvoir qui jouait sa partition dans le plan commun de voir Guillaume Soro et GPS disparaître de l’espace politique ivoirien. D’ailleurs, la perfection n’existant pas dans le crime, le témoin-militant du parti présidentiel, assailli par les questions des avocats de la défense, finira par avouer qu’il a tiré la conclusion selon laquelle, Guillaume Soro a fait dérouter l’avion de son propre chef, de sa « déduction » personnelle. Le témoin clé et l’unique d’ailleurs de l’accusation venait pourtant de donner là la preuve qu’il a manipulé l’opinion.

Pourtant, ce sont les déclarations, émanant de sa « déduction » qui ont fondé l’accusation de diffusion de fausse nouvelle qui, elle-même, ouvrait la brèche sur celle de trouble à l’ordre public, de campagne visant à jeter le discrédit sur les institutions républicaines et d’incitation de population civiles à s’armer et à porter des actions subversives contre des autorités légalement établies. De plus, son appartenance au parti au pouvoir a été bien établi à la barre, lorsque devant l’insistance de Me Diallo, membre du collectif des avocats de la défense, le témoin finit par admettre qu’il est bel et bien militant du Rhdp.

Témoin à charge contre l’ancien président de l’Assemblée nationale et ses compagnons, le témoignage du militant du parti présidentiel avait pourtant montré que tout ceci n’était qu’un malentendu crée par un haut cadre de l’administration ivoirienne qui, poussé par sa fibre militante, a manipulé l’opinion pour jeter l’opprobre sur un adversaire politique redouté par son parti. Malheureusement, nous n’étions pas à un procès. C’était plutôt une cour organisée pour mettre en exécution la dictée d’Alassane Ouattara qui, en octobre 2020, avait déclaré que le président de GPS « mérite la prison à perpétuité ».


Et comme il fallait s’y attendre, Guillaume Soro sera condamné à perpétuité comme dicté par le chef de l’Etat. Pour mettre la cerise sur le gâteau, la dissolution du très gênant GPS sera prononcé. Et pourtant, durant tout le temps qu’a duré ce « simulacre de procès », à aucun moment, le mouvement crée en 2019 par l’ancien Premier ministre n’a été mis en cause. Et voilà qu’à la grande surprise, en complément de la peine infligée injustement d’ailleurs à Guillaume Soro, Koné Kamaraté Souleymane, Affoussiata Bamba-Lamine, Touré Moussa, Kouamé Kassé Jean-Baptiste, Koné Ardiouma et les autres, le tribunal de Bini Kouakou a prononcé la dissolution du mouvement.

On l’aura bien compris, tout ceci n’avait de finalité que de voir Guillaume Soro et Générations et peuples solidaires disparaître de l’espace politique ivoirien. Condamner le président déjà contraint à l’exil à perpétuité, prononcer la dissolution de son mouvement, était là, la belle trouvaille pour l’adversaire de semer le découragement chez les partisans de Guillaume Soro et les emmener à abandonner la cause qui, selon tout apparence, devait être considérée comme perdue.


Mal leur en a pris d’avoir sous-estimé la résilience et la témérité des militants de Générations et peuples solidaires qui, en vérité, n’ont rien laissé de la hargne de leur leader. Un an après cette décision injuste, sans fondement légal, GPS continue de faire son chemin. Le mouvement de l’ancien député de Ferkessédougou continue de gagner du terrain et le cœur des Ivoiriens.

Générations Nouvelles


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